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Je suis…je suis…je suis cette larme qu’on essuie à la va-vite,
Car de l’œil, on ne souffre aucune humidité.
Je suis ce battement de cœur qui se bat trop vite,
Car par fierté, il ne supporte l’humilité.
Je suis cette perle qui ne trouve pas d’anneau à sertir,
Car des doigts entrelacés, on ne sait lequel choisir.
Je suis cette écharde qu’on ne peut s’empêcher de brûler,
Car de défaite cuisante, nous ne pouvons remporter.
Je suis cette goutte de sang sur un chemisier blanc,
Car de la perfection, nous ne pourrions comprendre l’ouvrage.
Je suis un grain de sable suisse dans le trottant rouage,
Car du temps perdu, nous ne voulons subir les outrages.
Je suis ce passant qui, malgré sa cécité, observe tout avec intérêt,
Qui n’en comprend pas la moitié ; désolé d’être largué ;
Car le vide ne souffrant la concurrence, j’ai dû combler nombre d’incohérences.
Je suis cet attardé empli d’intelligence.
Je suis ce coup de fil dentaire qui provoquerait un sourire,
Même si rien ne remplace la présence d’un soupir.
Je suis ce sel qu’on a tendance à rajouter
A notre plat quotidien déjà bien trop épicé.
Je suis pourtant là, comme un comédien sans rôle,
Casté, critiqué, espérant enfin une planche de salut.
Et je me surprends à trouver ça drôle,
Me permettant de gagner quelques secondes de chahut.
Je suis ce type aux graphes, acerbes et cyniques,
Qui ne contrôle que la moitié de son monde
L’autre étant ouverte au publique,
Et qui regarde, ébahi, celui-ci qui le surplombe.
Je suis comme on m’a fait,
Je suis surtout comme je me suis fait,
Je suis aussi comme on m’a défait,
Je suis, je suis… tout simplement…et je me tais…
Ce qu'ils en pensent les gens?