Une princesse, un cheval blanc
La détresse, l’espace d’un instant.
Les yeux frétillent, le front brillant,
Pour en faire un délicieux moment.
Inexorablement, c’est le temps, qui fait son office,
Son officier de la pensée, son offensé de la Palisse
Comme si tout cela n’était pas évident !
L’entête se met d’elle-même en première ligne,
Ligne de vie, ligne de feu, c’est ainsi...
Entêté par le téton nourricier de l’Amour…
Combien y sont passés ? Décoiffés au poteau,
Empotés devant tant de beauté ?
Des dizaines,centaines ?
Peut-être des milliers de piliers
Soit-disant inébranlables et pourtant bien amochés
Par ce sentiment, ce doux péché...
Fini l’insouciance, fini la carence,
C’est la carie qui chatouille la dent
Et qu’on refuse d’aller soigner,
Car la fraise, comme la pomme,
Fait peur à l'homme,
Même sans effets, nue comme un ver de soie,
Le satin devient la seule matière acceptable,
Même pour le ciel d'un cercueil.
Arrêtons donc d'être en deuil!
C’est de cette manière inaltérable que tout s’installe,
Une situation somme toute banale…
Mais pour qui ne veut plus du quotidien,
C’est le meilleur chemin, celui du parchemin,
Transmis pendant une nuit des temps, qui dure, qui dure,
Et qu’on déroule comme un trophée pour preuve de notre existence,
Un trop-fait de notre insistance, un trop-plein d’impertinence.
Et voilà pourquoi il faut saisir notre ineffable chance,
Pauvres joueurs invétérés,
Accepter d’être verni pour protéger la frêle écorce.
Indéniablement, c’est ici que se retrouve notre véritable force
Et pas dans le sable, pas dans le sablier,
Qui ne vaut pas la peine qu’on lui accorde de temps
Car Chronos, comme Thanatos, est déjà sur le tas fumant,
Humant l’instant avec la délectation d’un enfant
Devant un étal de bonbons.
"Le temps nous rend plus fort" disait-elle;
Le temps nous rend plus mort, c'est sa fonction!
A chacun son
idéal, mais ne pas placer ses idées haut...
Si je devais
aujourd'hui me retenir d'aimer,
Je perdrais
alors bien plus que je n'ai misé...
Ce qu'ils en pensent les gens?